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Philippe Dransart
Médecin homéopathe - Phytothérapeute

 

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Dans l’histoire de Pierre, évoquée en page d’accueil, quelle est la « cause » de sa maladie, l’émotion ou le germe ? Se peut-il que ce soit à la fois l’émotion et le germe ? Je me souviens ici de Jacques, un homme de 50 ans bloqué par une sciatique brutalement apparue le lendemain d’une trahison de son associé et ami. Son bilan radiologique montrait une hernie discale, preuve qu’il souffrait d’un problème mécanique… à ceci près que lorsqu’il m’a raconté son histoire, j’ai donné à Jacques une dose de COLOCYNTHIS (à 15 CH), un remède homéopathique pour les « maladies suite de colère »… et sa douleur – dont il souffrait depuis plus de trois semaines - a disparu en moins de trois heures ! Face à ce surprenant résultat, une question se pose : Comment un remède donné pour la colère peut-il guérir en si peu de temps une maladie dont l’origine mécanique a été prouvée ? Autrement dit, la cause de cette maladie est-elle « mécanique » OU « émotionnelle »… ou les deux à la fois ?


La réponse est dans une pièce de monnaie : côté pile, la cause de sa sciatique était mécanique… mais côté face elle était émotionnelle ! A l’image des deux faces d’une pièce de monnaie, comprenez ici que ces deux causes peuvent coexister ! Regardez ces deux faces, tout semble les opposer… et pourtant elles se complètent ! Côté pile, Jacques souffrait d’une hernie discale qui lui comprimait le nerf sciatique… mais côté face, la trahison de son ami l’avait plongé dans une colère d’autant plus vive que Jacques lui avait accordé toute sa confiance. Tout semblait se passer comme si la cause de sa sciatique était à la fois mécanique ET émotionnelle.


Prenez maintenant une pièce de monnaie puis essayez de regarder dans le détail ses deux faces en même temps : c’est tout simplement impossible. De surcroît, la face que vous allez voir est celle que vous aurez décidé de voir. Quand nous décidons de voir la face « objective et matérielle » des choses, nous pouvons la décrire avec précision, nous pouvons la mesurer pour en apprécier la gravité et l’évolution. Nous allons alors nous appuyer sur ces certitudes que nous apportent ces mesures, nous pourrons étudier les mécanismes de la maladie à travers cette vérité objective et mesurable… ce qui certes est rassurant, mais est-ce toute la vérité ?


La cause des maladies est comme une pièce à deux faces. Pour la comprendre, regardons ensemble l’endroit et l’envers de la réalité. Comment cela ? Plutôt que de retourner la pièce au risque de donner la priorité à une partie de la réalité au détriment de l’autre, tenez-la entre vos doigts de façon à garder sous vos yeux sa face objective et mesurable, puis faites glisser un miroir derrière elle : la superposition des deux images vous révélera une étonnante symétrie entre les douleurs du corps et celles de l’âme*, comme si elles se répondaient l’une et l’autre en écho ! Pour dire les choses autrement, la maladie n’est pas venue « du dehors », elle est née d’une rencontre entre le dehors et le dedans.


*Lorsque je parle d’âme je fais globalement référence à ce qui nous « anime », dans la superficie comme dans la profondeur de notre être, et nos émotions en font partie.

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Jacques, cet homme trahi dont nous venons de parler à propos de la cause des maladies, s’était jusque là « appuyé » sur son associé et ami pour les questions touchant la gestion administrative et financière de l’entreprise : « Les chiffres c’est pas mon truc » avait-il reconnu… mais de tels choix ont un coût ! Découvrant un peu tard la malversation financière de son associé, Jacques s’était réveillé le lendemain matin sans pouvoir prendre appui sur sa jambe, incapable de se redresser car cela lui provoquait un « coup de poignard dans le dos »… non pas au sens d’une métaphore de la trahison subie, mais dans le sens d’une douleur bien réelle, bien physique, comme si la métaphore s’était transformée en réalité !


Jacques était venu me voir avec ses radios en me disant : « Je souffre d’une hernie discale », et je lui ai répondu : « Cela c’est le diagnostic, maintenant racontez-moi votre histoire et dites-moi ce que vous ressentez. Faites comme si vous n’aviez aucune culture médicale et dites-moi ce que vous avez vécu et ressenti ? Ce coup de poignard, c’est quoi ? » Mettez des mots sur ce que vous ressentez. Si votre ventre est gonflé et douloureux ne dites-pas « c’est ma colite », demandez-vous plutôt : « Qu’est-ce qui me gonfle ? ». La maladie nous pose une question… à laquelle nous ne pourrons jamais répondre si nous l’occultons d’un coup de crayon qui la « nomme » !


Laissez votre médecin affiner son diagnostic et s’occuper de la maladie, c’est de sa compétence. Suivez ses traitements, mais posez-vous la question : Quels mots simples me viennent-ils à l’esprit pour décrire ce que je ressens, tant au niveau de mes symptômes que dans cet état global où me plonge la maladie ? Ce que je ressens dans mon corps, à quoi cela fait-il écho ? Mon corps fait-il miroir à mes difficultés intérieures, et si oui, comment les repérer, les identifier afin de faire la paix avec elles ? Bien souvent le corps nous dit la part cachée d’un ressenti qui nous dérange, il nous parle d’une émotion difficile à reconnaître parce qu’elle éveille en nous une peur profonde, une peur particulière qu’engendrent trois sortes de situations. (Voir plus loin : « Car elle est née de trois peurs »). Dire que la maladie est un langage, cela pose la question de savoir qui parle à qui ?


Autrement dit, il n’y a pas deux facteurs mais trois : la maladie, le stress et celui qui vit ce stress... autrement dit la personne elle-même : Pourquoi ce stress l’a-t-il touchée ainsi ? Ne réduisez pas votre compréhension de la maladie à une simple recherche de la « cause à effet ». Vous tomberiez dans le piège de croire que la maladie vient de l’extérieur, alors qu’elle est née d’une rencontre entre l’extérieur et l’intérieur. Imaginez une large route sur laquelle circulent trois voitures dont vous ne discernez pas les conducteurs. Un ballon traverse la route : c’est le stress. La première voiture va piler sur ses freins, tandis que la seconde « choisit » de donner un coup de volant à gauche avant de se retrouver sans dommage sur un terre plein… mais en donnant un coup de volant à droite, la troisième se fracasse contre un obstacle : son conducteur s’en sort miraculeusement indemne mais au prix de lourds dégâts matériels.


Pour ces trois conducteurs, le stress était le même, mais leurs réactions ont été différentes, et dictées par un choix dont les racines sont aussi profondes qu’invisibles. Le troisième conducteur, le plus touché, va se demander pourquoi cela lui est arrivé. Cherchant cela dans les replis cachés de sa conscience, il est possible qu’il se demande « pourquoi » en se tournant vers son passé, son histoire, dans laquelle il découvrira – ou non – la raison de son « choix » de tourner le volant là où il ne fallait pas… mais il se peut aussi qu’une petite voix lui chuchote : « Sois davantage attentif à ce qui se passe autour de toi, vis dans le présent et tu auras le bon geste (ou la bonne parole) ». Bref, le « pourquoi » peut s’écrire de deux manières, pourquoi ou pour…quoi : la maladie n’a pas seulement une cause, elle veut nous dire quelque chose.

Une Reine dort dans la chambre de son palais. Cette Reine, c’est notre Conscience… Un messager survient pour la prévenir d’un grand danger. Hélas, les gardes du palais l’arrêtent, car c’est la fonction des gardes de protéger le palais. Comment leur en vouloir, ils ont été conçus pour cela... Ce palais est construit à l’image que nous avons de nous, cette construction est devenue autonome en ceci que ses mécanismes de défense opèrent souvent en silence sans même que notre conscience en soit informée… « Chut, la Reine dort » disent les gardes, et elle ne se rend compte de rien. Réveillée par le bruit – comme nous le sommes par les symptômes de la maladie – elle se lève pour voir ce qui se passe, mais les gardiens ont déjà mis le messager en prison ! C’est exactement ce qui arrive à une émotion qui dérange notre « palais » : l’émotion est privée de parole et elle passe alors dans le corps. Les mots ont disparu, ou plutôt ils sont enfermés dans les maux, et c’est là que nous allons tenter de les retrouver pour comprendre le message.


En clair, l’émotion qui s’exprime dans le corps n’est plus perçue par la conscience. Elle n’est plus perçue comme telle parce qu’elle s’est transformée en symptôme ou en douleur physique. Nous sommes alors absorbés par la maladie physique sans pouvoir comprendre de quelle émotion elle se nourrit. L’évocation même de l’événement qui nous a blessé peut certes engendrer encore en nous une émotion particulière, mais celle-ci sera soit atténuée, comme un souvenir désagréable dont nous dirons qu’ « il n’y a pas de quoi en faire une maladie »… soit elle ne montrera que sa part acceptable et visible telle, par exemple, une angoisse qui masque en réalité une profonde colère. Bref, cette émotion « joue à cache cache » avec notre conscience, de sorte que nous n’avons pas la moindre idée de ce que la maladie cherche réellement à nous dire : la part de l’émotion qui est passée dans notre corps est devenue inaccessible à notre « compréhension ». Nous sommes alors pris dans ce que j’appelle un « déni sincère ». Ce déni n’est pas volontaire, il n’est pas calculé, nous en subissons les effets sans pouvoir le comprendre car tout se passe comme si l’émotion avait été « séparée » de sa source. La Reine ici n’est pas en cause, ce qui est en cause ce sont les gardes du palais… Tout cela nous échappe, comme un mécanisme mental qui se retourne contre nous à notre insu alors qu’il était censé nous protéger. Pour le dire simplement, les maux du corps expriment une douleur morale dont nous n’avons pas conscience… sinon elle s’exprimerait avec des mots !


Deux situations peuvent ici se produire : Lorsque l’évocation de l’événement n’engendre plus d’émotion particulière, nous pensons souvent que ce que nous avons vécu n’avait guère d’importance… La blessure est alors aussi profonde que cachée.


Lorsque cette évocation réveille une vive émotion, nous pensons avoir compris ce qui nous a rendu malade… mais si cette compréhension ne nous guérit pas, alors demandons-nous si cette émotion « visible » ne masque pas une autre émotion, plus profonde celle-là. Dans l’histoire de Jacques, la douleur d’avoir été trahi en cachait une autre, plus douloureuse et plus profonde encore, celle d’avoir fait confiance en refusant d’écouter ses intuitions... et peut-être est-ce la raison pour laquelle Jacques avait retourné cette colère « contre lui » ? Autant « un train peut en cacher un autre », autant il en va de même pour nos douleurs : aussi légitime que soit la douleur morale que vous ressentez en repensant à un événement ou à une parole qui vous ont blessés, souvenez-vous que ce qui se dit dans le corps n’est pas la douleur morale dont vous avez conscience, elle en est la « face cachée »… une face dont la vision va venir éclairer l’ensemble de votre difficulté, vous permettant alors de la résoudre.

Si nos symptômes sont le reflet d’une émotion, si par exemple une inflammation se fait l’écho d’une colère qui nous enflamme et qui nous brûle, pourquoi certaines colères s’expriment-elles par des actes ou des paroles, tandis que d’autres vont se dire par une maladie dans le corps ? Qu’est-ce qui fait la différence ? Pour le comprendre, penchons nous sur les situations qui ont engendré cette colère qui se dit dans le corps : qu’allons-nous voir ? Elles ont toutes, en proportions variables, trois points communs souvent reliés entre eux mais dont l’un en général est dominant… ou pour le dire autrement, elles nous mettent face à trois « peurs » dont bien souvent nous n’avons pas conscience :


Peur d’être face à une Contradiction… Nous sommes parfois dans un choix douloureux à faire mais plus souvent dans une sorte de « demi choix », un choix qu’une part de nous a faite mais que l’autre refuse obstinément. Nous sommes alors déchirés entre deux désirs incompatibles, et c’est souvent le désir inconscient parce que « dérangeant » qui s’exprimera dans le corps.


Peur de revivre une ancienne douleur que nous pensions oubliée, autrement dit peur de la Résonance… Ce que nous venons de vivre est venu réveiller une douleur ancienne, comme une cicatrice oubliée mais non complètement résolue, et la peur de retrouver cette vieille douleur amène nos « gardes intérieurs » à la neutraliser en l’enfermant dans le corps.


Peur d’être touchés dans l’Image que nous avons de nous… Quand le sentiment que nous avons de nous est mis à mal, quand une parole ou un événement nous renvoient comme une grimace l’image de ce que nous n’avons pas envie d’être, nous nous sentons déchirés, écartelés, blessés… et lorsque cela se produit, si à ce moment précis les moyens de transcender la déchirure nous manquent, alors la tension à l’intérieur de notre image va s’exprimer par une tension à l’intérieur de notre corps… Mais ce qui nous blesse ici, est-ce la situation ou n’est-ce pas plutôt le regard que nous portons sur nous-mêmes face à cette situation ?


L’image que nous avons de nous, qu’est-ce que c’est ? C’est ce à quoi nous nous sommes identifiés. Lorsqu’un tout jeune enfant découvre que « lui » existe, ce qui se produit en général en même temps qu’il marche à quatre pattes pour explorer le monde, cette prise de conscience fait naître en lui une question qui ne le lâchera plus de toute son existence : « J’existe oui, mais qui suis-je ? ». Certes, vu son âge la question ne se pose pas clairement ainsi, mais elle va se poser sous d’autres formes : « Quel est mon rôle, quelle est ma place, qu’est-ce que l’on attend de moi ? »… Autrement dit, que dois-je faire pour être reconnu(e) et accepté(e) ? Puis, en grandissant, l’enfant va découvrir des « modèles » auxquels il va s’identifier… avant plus tard d’entrer dans un « rôle », dans une raison d’être qui vont nourrir le sentiment que la personne a pour elle-même. Bref, nous ne cessons de construire et de dialoguer avec cette image que nous avons de nous et à laquelle nous nous sommes identifiés.


Pour dire les choses autrement, c’est comme si notre conscience se cherchait elle-même à travers le miroir de ce qu’elle ce qu’elle vit, de ses relations et de ce qu’elle croit être dans le monde qui est le sien. L’image que nous avons de nous, nous la cherchons dans le miroir de ce que nous vivons.

Ce miroir, c’est l’image que nous avons de nous. Nous ne sommes pas malade des circonstances, nous le sommes de l’idée que nous avons de nous face à ces circonstances. Autrement dit, ce n’est pas une situation qui nous rend physiquement malade, c’est la manière dont l’image que nous avons de nous a été prise dedans.


La maladie survient lorsque nous sommes touchés par une parole, une attitude ou un événement qui nous interpellent dans l’image que nous avons de nous. Le mot stress, d’origine anglaise, signifie « souligner, mettre l’accent sur, mettre le doigt sur »… mais sur quoi ? Le stress qui nous rend physiquement malade est celui qui met le doigt sur la douleur cachée à laquelle une part de nous-même s’est identifiée tandis que l’autre la refuse, d’où un conflit intérieur de nous envers nous-même…


Michel, 42 ans, cadre dans une petite entreprise, souffrait d’une crise de colique hépatique apparue brutalement après avoir été remis en cause par son patron : à l’occasion d’un dossier mal bouclé par manque de temps, ce dernier l’avait en public traité d’incapable… Or ce terme était précisément celui employé par son père à propos de ses résultats scolaires. Tout s’est alors passé comme si Michel s’était insurgé à 90% contre cette parole injuste de son patron au regard d’un délai impossible à respecter, tandis que 10% de son être lui chuchotaient : « Il a peut-être raison »… De sorte que ce conflit, en apparence extérieur, était devenu intérieur, conflit de Michel envers lui-même.


C’est précisément parce qu’il est à l’intérieur de notre image que ce conflit se dit à l’intérieur de notre corps, un corps qui fonctionne en étroite relation avec cette image que nous avons de nous. Le stress ne nous rend malade que lorsqu’il vient « souligner » une incertitude de notre image, par exemple en réveillant une blessure passée que nous pensions résolue alors qu’elle n’était qu’oubliée. Nous retrouvons ici sous une autre forme la notion évoquée plus haut à propos de la cause des maladies, à savoir que la maladie n’est pas venue « du dehors », elle est née d’une rencontre entre le dehors et le dedans.

Lorsqu’un thérapeute évoque l’idée que notre maladie puisse être « psychique », cela nous fait volontiers réagir car nous le prenons comme un jugement alors qu’il n’en est rien. Dire que c’est « psychique » est souvent vécu comme un déni de notre douleur physique et de la réalité de la maladie dont nous souffrons. C’est comme s’il nous était suggéré que nous sommes responsables de notre souffrance, ce en quoi l’injonction de « lâcher prise » nous enfonce davantage encore. Lâcher prise oui, mais lâcher quoi ? Alors disons-le clairement : qu’elle soit d’origine psychique ou non, la maladie et la souffrance physique sont bien réelles, personne ne conteste cela... comme personne ne conteste le soulagement et le bonheur qu’apportent un antalgique ou un geste chirurgical salvateur. Alors, lorsqu’on nous dit que notre maladie est d’origine psychique, comment pouvons-nous entendre cela ?


Imaginez un enfant à qui on pose sur les yeux un bandeau qui l’empêche de voir tout ce qui est au dessus de l’horizon : grandissant avec ce bandeau, il pense que le monde et les objets sont ainsi fait, il accepte ce bandeau comme faisant partie de lui-même, et ce qu’il perçoit lui semble être la réalité pleine et entière. Puis un jour il traverse une forêt et sa tête heurte une branche basse qu’il n’avait pas vue… Il ne sait pas d’où vient sa douleur, et si vous lui dites alors que « c’est tout dans la tête », au mieux cela lui fera une belle jambe, mais au pire il va penser à tort que c’est de sa faute ! Nous ne sommes pas « responsables » de notre maladie : le responsable c’est le bandeau, car ce bandeau nous empêche de voir les choses comme elles sont… Quant aux branches d’arbre, comme toutes les choses qui nous « arrivent » elles ne sont pas forcément là pour nous blesser, elles n’y sont pas davantage pour nous éveiller à une autre dimension de notre être, elles sont là parce qu’elles sont là… mais le fait est qu’à force de nous cogner de-ci de-là cet éveil finit par se produire !


De quoi est fait ce bandeau ? Il est fait de trois brins qui, depuis des temps immémoriaux, nous retiennent dans l’obscurité et se transmettent le plus souvent à notre insu : L’ignorance, le jugement et la peur.


Le brin central est l’ignorance, car c’est d’elle dont naissent le jugement et la peur.


L’ignorance est un défi lancé à l’humanité pour comprendre et découvrir le monde dans lequel elle vit, afin de le transformer au lieu de le subir. En comprenant le feu l’humanité a appris à le maîtriser et à s’en servir pour faire marcher ses voitures et autres machines… De même, la médecine a appris à comprendre et à maîtriser une grande part de la « machine humaine » et de ses mécanismes, mais le problème est que nous ne sommes pas seulement la machine nous en sommes aussi le conducteur ! Certes, si notre voiture tire à droite nous pouvons corriger cela en « compensant le volant » par une intervention ou un médicament… mais pourquoi le conducteur tire-t-il à droite ? Qu’est-ce qui inconsciemment nous pousse à cela ?


Le jugement Il est omniprésent, si présent dans nos manières de penser que le plus souvent nous n’en avons pas conscience. Un exemple ? La première question que se pose une personne qui tombe malade est : « Qu’ai-je fait pour que cela m’arrive ? »… comme si sa maladie résultait d’une chose qu’elle a faite (ou qu’on lui a faite !). Certes, si nous avons trop mangé, trop bu, trop fumé, quand les conséquences apparaissent nous n’en sommes pas surpris… Nous allons alors nous accuser d’avoir abusé de ces choses, nous allons nous en culpabiliser, mais cette sorte de « jugement » que nous portons contre nous-même nous permettra-t-il de comprendre pourquoi nous avons mangé, bu, fumé ? Dès lors que nous portons un jugement, cela arrête notre compréhension. Nous allons nous dire : « j’ai eu tort de fumer et c’est pourquoi je suis malade », ce qui revient à prendre ce jugement pour une explication... Ne cherchant pas plus loin, nous ne pouvons plus voir alors la source de nos difficultés. Peu de jugements nous libèrent, la plupart nous enferment. Cessons de nous juger et de juger nos douleurs afin d’en découvrir les racines.


La peur Ce que nous ne connaissons pas, nous ne pouvons pas le maîtriser, nous sommes démunis, et la peur alors survient. Face à une situation hostile que nous avons peur de ne pas réussir à surmonter, la peur peut nous envahir, nous inhiber et nous dévitaliser… Mais elle peut aussi se transformer en une ultime énergie grâce à laquelle nous allons découvrir tout au fond de notre être des ressources insoupçonnées. Si vous êtes pris dans la peur, cherchez au plus profond de vous, de ce que vous croyez et de ce qui vous anime, ce point de retournement qui transformera votre peur en une énergie capable d’ouvrir la porte par laquelle vous rendrez possible la vision d’une autre réalité… car par cette vision vous la rendrez possible ! Comprenez que cela marche dans les deux sens : ce que nous voyons, nous le croyons… mais si nous développons la vision d’une réalité qui n’existe pas encore, nous la rendons non pas certaine mais « possible », ce qui est déjà beaucoup. Si vous en doutez regardez comment dans l’histoire, à la veille de la bataille d’Angleterre, la « vision » de Churchill a permis de retourner une situation qui pourtant semblait déjà « écrite »…


…Regardez les choses comme elles sont avant de désirer qu’elles soient différentes. Jugement et peur engendrent souvent le désir que les choses soient différentes de ce qu’elles sont. Mais lorsque nous les voyons à travers ce désir, lorsque nous aimerions qu’elles soient autrement, nous ne pouvons plus les voir en elles-mêmes : nous ne voyons plus que notre désir. Celui-ci nous amène à rejeter les choses comme elles sont, et nous ne pouvons alors plus les comprendre. Voir les choses comme elles sont, c’est développer en nous la capacité de les regarder sans juger, sans désirer, sans s’impliquer… Alors seulement notre vision s’éclaire et les portes s’ouvrent.

Le langage de la maladie n’est pas un code qu’il nous appartient de déchiffrer, car il ne n’agit pas de « comprendre » mais de voir. La guérison ne résulte pas d’une compréhension mentale qui viendrait résoudre une énigme. Elle est un éveil de conscience, et c’est alors seulement que survient la compréhension.
« Comprendre » fait appel au mental, « Voir » fait appel à la conscience.


Pourquoi le mental nous donnerait-il la solution alors qu’il fait partie du problème ? Quand notre regard s’attache à notre douleur, il ne peut plus voir les choses comme elles sont… de sorte que nous ne sommes pas malade de ce que nous voyons, nous sommes malade de ce que nous ne voyons pas !


La seule chose que peut faire notre mental pour nous aider, c’est de nous amener jusqu’au seuil de la porte, et c’est déjà beaucoup… mais si vous lui confiez les clés, il risque de fermer cette porte à triple tour en vous faisant croire que vous « comprenez le pourquoi » de la maladie alors qu’il n’en est rien. Regardez comment il fonctionne : si vous lui confiez votre désir de guérir, il va chercher les causes de la maladie dans le passé sans se demander ce qui, aujourd’hui et maintenant, continue de la nourrir. Pour un peu, il vous donnerait le sentiment que vous êtes victime ou coupable, vous attachant à ce sentiment comme à une vérité qui expliquerait tout : « Je suis malade parce qu’on m’a fait ceci ou que j’ai fait cela »… Bien, mais ressentez-vous ce constat comme un éveil ou comme une fermeture de la conscience ? En votre âme et conscience, comment ressentez-vous cela ? Ne laissez pas votre mental vous duper ni vous enfermer dans le sentiment que vous êtes coupable ou victime, vous n’êtes ni l’un ni l’autre. Ne laissez pas votre quête de vérité se laisser enfermer dans l’impasse de ce qui, au fond, n’est qu’un jugement.


La première des guérisons, c’est celle du regard…
… le regard que nous portons, au delà de la situation vécue, sur l’image que nous avons eue de nous face à cette situation… et du jugement qui en résulte. Notre regard est alors pris dans sa douleur, il tourne en rond autour d’elle sans pouvoir la résoudre ni voir les choses autrement… jusqu’à ce que, dans un moment de grâce, il s’en libère par un mouvement d’abandon et d’ouverture.